Suspens et Frustration

J'ai 9 ans, mon école organise un spectacle de fin d'année. L'institutrice croit beaucoup en moi et en mes talents d'acteur et décide de me faire jouer un rôle dans la pièce.

J'ai 19 ans, je suis puceau, je travaille dans une boulangerie Paul, une fille me plait beaucoup et je ne sais pas comment faire pour la draguer.

Tous mes camarades de cette classe de CM1 étaient concernés : à entendre l'institutrice, cette pièce était l'événement de l'année et comptait dans la moyenne générale. Moi j'étais plutôt excité, je me disais "Ok, il va falloir assurer à fond" surtout que tous les parents d'élèves allaient assister à la pièce, donc il fallait être au top.

Elle s'appelait Julie, elle faisait des études de psycho. Elle était très fine mais elle avait l'air un peu tarée. Moi tout ce que j'aurais aimé, c'était de la baiser et puis de pouvoir dire "voilà, je l'ai fait" Je voulais pas faire ma vie avec elle de toutes façons, je n'étais pas prêt de faire cette erreur de la première fois en m'attachant à elle, c'était certain.

Il y avait deux équipes dans cette organisation de l'événement : les acteurs et les autres... Donc soit t'étais acteur, soit tu participais à l'élaboration des décors, à la mise en place de la salle, à l'éclairage, bref si t'étais pas acteur t'étais un gros nul qui devait se rendre utile. La maîtresse devait décider de la répartition des rôles, j'avais le trac.

Donc je me disais "ouais, l'essentiel, c'est d'arriver à la faire rire" c'était tout ce qui comptait. J'avais remarqué qu'elle n'avait pas beaucoup d'amour propre à force de répéter des trucs genre "oh mon dieu, mais j'suis trop conne moi" etc. Donc j'voulais me faire passer pour le gentil looser que j'étais en réalité. Je suis passé devant elle en fin de service, elle prenait un tropicana orange et je jetais mes clés en l'air pour les rattraper en lançant un petit "salut poupée, ça boome ?" et en lançant mes clés, j'ai fais semblant de ne pas arriver à les rattraper, du coup elles sont tombées au sol et j'avais l'air con. Ca l'a beaucoup fait rire, je crois avec le recul que c'était le genre de meuf complètement tarée qui pense que la vie est un concours de bite permanent. Le fait de vouloir me la péter et de me ridiculiser comme ça représentait une sorte de soulagement pour elle qui pouvait donner lieu à un dialogue. C'était assez finement joué quand j'y pense.

Depuis que nous savions que la maitresse devait décider l'attribution des rôles, la classe se tenait vraiment à carreau. Tout le monde la brossait dans le sens du poil, mais je me disais que le mieux ce serait de faire profil bas. Je crois que j'avais envie de faire partie des acteurs, mais ça me faisait un peu flipper. Le lundi suivant donc, elle nous délivre les résultats des attributions : j'étais retenu comme acteur !! Et j'allais interpréter le rôle d'un robot, j'étais vraiment heureux.

On fait connaissance, le temps passe, on devient plus ou moins potes... Elle me fait comprendre qu'elle a un mec mais que c'est compliqué, je reste le plus obscur possible de mon côté. Ma petite affaire tourne bien, mais je n'ose pas l'inviter à prendre un café, j'trouve ça naze, d'autant que c'est le genre de meufs qui sort en boite de nuit, et voilà, je sais pas comment cliquer. Jusqu'au jour où j'annonce mon départ de la boite, du coup elle organise une soirée d'aurevoir dans un pub irlandais. C'est elle qui l'a organisé, c'est elle qui me l'a proposé, c'est elle qui me dit de venir avec des yeux remplis d'un mélange de tristesse et d'excitation, voilà, moi direct je me dis qu'elle veut ma bite.

Mes parents retiennent un éclat de rire quand j'annonce avec fierté que je joue le rôle d'un robot. Ils se foutent quand même bien de ma gueule et me demandent si mon dialogue sera en binaire, ouarf ouarf, trop drôle : j'écrase tes rêves d'enfant en regardant TF1. Ma mère me dit quand même que ce serait bien de me faire un costume. A l'époque je regarde un catalogue où il y a un super déguisement de robot, mais ma mère me dit que c'est beaucoup trop cher et qu'elle m'en fera un. Je m'endors le soir en m'imaginant dans le costume de robot que j'avais vu dans ce catalogue, émouvoir les foules, recevoir des applaudissements et que mes parents ainsi que tous les autres parents d'élèves soient troublés par la justesse de mon jeu.

Le grand soir arrive, je regarde quelques porno en me branlant deux fois dans la journée pour éviter de jouir trop vite dans la soirée. Je prends une grande douche et me regarde attentivement en me mettant en condition. A ce moment précis, je me rends compte que tous mes caleçons sont soit sales, soit dégueulasses. Aucun n'est vraiment très sex, et je m'imagine en train de me déshabiller devant Julie avec ce vieux caleçon sans élastique. J'ai honte et je fonce à Monoprix acheter un caleçon neuf en coton avec des carreaux bleus et blancs. J'étais fin prêt, j'allais à la soirée : j'assurais du caleçons et j'avais des capotes, rien ne pouvait m'arrêter.

Jour de la représentation de la pièce, ma mère me donne mon costume, il est nul. Celui que j'avais vu dans le catalogue était en imitation metal avec des diodes sur le devant et un casque avec des antennes, là j'avais un carton de télé avec des manettes dessinées au feutre. Je proteste auprès de ma mère et retiens mes larmes quand elle me dit qu'elle a quand même d'autres choses à faire qu'un déguisement de robot. Je pars donc sur le chemin de l'école déguisement sous le bras, anxieux et stressé de ne pas être à la hauteur et de décevoir la maitresse.

J'arrive à la soirée en pensant que tout allait plus ou moins tourner autour de moi, mais la vérité c'est que personne n'en a rien à foutre. On me souhaite bon courage pour la suite et puis on commande une bière et on parle du boulot avant de commander une autre bière et se foutre de la gueule de tout ce qui existe. Julie se fait un peu draguer par un autre mec, mon caleçon est trop petit, ma bite est collée à ma cuisse gauche, c'est vraiment horrible, ça gratte. La soirée finit TRES vite, Julie me souhaite bon courage et puis s'en va comme tous les autres. Il ne s'est rien passé. Je m'en vais en même temps histoire de pas être assis à une grande table vide. Sur le chemin de la maison, je me dis que c'est vraiment une journée de merde.

J'arrive à l'école, le stress et l'excitation générale de la fin des préparatifs est à son comble. Je n'ose pas sortir mon déguisement au début, mais on doit faire une répétition générale. Tout le monde se moque de moi quand j'enfile mon déguisement avec écrit TOSHIBA dessus en lettres capitales et une télé dessinée dans mon dos. L'institutrice me demande si je prends cette pièce de théâtre vraiment au sérieux, je pleure en expliquant que ma mère n'a pas eu le temps de faire un beau costume, personne ne semble vraiment comprendre à quel point je suis triste de ne pas avoir le costume du catalogue. La répétition générale se fait quand même, puis le moment tant attendu de la représentation publique. J'ai un petit rôle, je n'apparais que deux fois sur une heure et je n'ai pas de réplique. Il auraient pu dessiner un robot que ça aurait été pareil : j'étais aussi figuratif qu'une chaise derrière une table. Mes parents ne sont pas venus et ont oublié de me chercher à la sortie de l'école. J'ai attendu une bonne demi-heure devant les grilles de l'école primaire un mois de Décembre, déguisé en robot avant qu'un parent d'élève s'inquiète et ne me ramène chez moi. Sur le chemin de la maison, je me dis que c'est vraiment une journée de merde.

Je me réveille le lendemain matin, je prends mon bol de chocolat devant la télé.

Je me réveille le lendemain matin, j'allume ma clope devant l'ordi.

Je repense à tout ça et je me dis qu'ils peuvent tous aller se faire foutre.

Je repense à tout ça et je me dis que les meufs sont vraiment des grosses putes.

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