Un jour comme un autre

Nous étions en plein mois de Janvier, j'étais sur le parking de mon supermarché Carrefour. Les réverbères répandaient un halo jaunâtre assez déplaisant, l'air était humide et froid. Je crois que c'est à ce moment là que j'ai commencé à déprimer sérieusement. Avant de mettre le contact, je me suis demandé à quelle date remontait mon dernier fou rire. 1 semaine ? 3 mois ? Le simple fait de me poser cette question m'a immédiatement glacé le sang. J'avais besoin de rire, de rire vraiment. J'avais besoin de faire quelque chose d'inhabituel, d'être aux commandes d'un projet de faible envergure mais quelque chose de drôle. J'avais envie de rire, à tout prix. Arrivé chez moi, je me suis mis devant mon ordinateur et j'ai effacé la quasi-totalité de mes trolls en cours. Aucun n'était arrivé à me faire décrocher un sourire, peu importe les efforts que j'investissais. Il fallait réfléchir, vite. Et puis j'ai eu une idée pas mal, quelque chose qui pouvait marcher, quelque chose qui me redonnerait le sourire pour la journée, voire la semaine.

Rendez-vous donc sur Vivastreet, un des rares sites où l'on s'essuie les pieds en sortant. Je tombe alors sur quelques profils un peu marrants, genre :

Ou encore :

Perso, mon préféré :

Et puis il était là... Le genre de type génial sur internet qui te fait rire jusqu'à t'en étrangler : my masterpiece... Je vous présente Maitre Arabe :

View post on imgur.com

Voici une autre copie d'écran avec la description :

De toutes les 800 annonces que j'ai pu faire défiler, seul le Maitre Arabe avait un potentiel à la hauteur de mes projets. La deuxième annonce était beaucoup moins dure à trouver, j'ai opté pour celle-ci... Elle se fait appeler "Fleur Bleue" sur Vivastreet :

Show time...

Suite à mon message, je reçois un mail moins de 5 minutes plus tard :

J'imagine Fleur bleue devant son ordinateur en train de rafraichir sa boite mail tous les jours, seule dans un petite appartement de merde, dans l'espoir que quelqu'un réponde à son annonce car elle se sent seule dans la vie.

Heureusement que Maitre Arabe va apporter un peu de piment à tout ça. Ni une ni deux, Maitre Arabe sort le grand jeu :

Dès cet instant, j'ai entretenu une correspondance entre le maitre Arabe et Fleur bleue.

Fleur bleue était charmée par l'attitude de Maitre Arabe, humble, poli, respectueux mais avec beaucoup de problèmes de confiance en soi... Il n'en fallait pas beaucoup plus pour que Fleur bleue soit prise d'une irrésistible envie de le réconforter. Les messages qu'elle recevait de Maitre Arabe quand j'étais derrière le clavier étaient enveloppés d'une chaleur humaine qui était à deux doigts de m'attendrir également. Fleur Bleue se sentait probablement écoutée pour la première fois.

De son côté, Maitre Arabe recevait des messages de grosse chaudasse avec les punchlines de film porno les plus crades depuis 2008. Genre :

Donc Maitre Arabe était content... Moins que ce que je pensais, mais il bandait quand même, très impatient de pouvoir rencontrer sa soumise parce qu'il voulait du "sérieu" : moins de parole, plus de coups de bite...

Une fois à maturation, il était temps que Maitre Arabe et Fleur bleue se rencontrent. Aucun des deux n'habitaient Montpellier, mais ils ont malgré tout accepté de faire le déplacement pour se voir l'un l'autre. Je fixe donc la date et l'heure avec Fleur Bleue, brûlant d'impatience de pouvoir enfin la rencontrer afin de pouvoir échanger des heures sur le sens de la vie, et je fixe donc également le même RDV à Maitre Arabe, le feu au cul, impatient(e) de se faire mettre des barreaux de chaises jusqu'au dossier. J'ai préalablement envoyé des photos de l'un et de l'autre croppées juste au niveau du visage afin qu'ils se reconnaissent.

Samedi, 15 heures, je m'installe sur la place de la Comédie et je prends une bouteille de rouge de la grange des pères millésime 2011, pas un vin de merde, 100 balles la quille, mais franchement ça les valaient largement.

Le serveur s'excusa de la terrasse non chauffée, je lui répondis que cela n'avait aucune importance. J'étais pratiquement le seul assis en terrasse, assistant aux premières loge à la rencontre entre Maitre Arabe et Fleur bleue.

Je n'ai pas pensé à filmer l'événement. C'était un projet personnel, je n'avais pas envie sur le moment de le partager. Il va donc falloir que vous fassiez preuve d'imagination.

Maitre Arabe était en avance, pantalon en cuir, sac à dos Eastpack noir défoncé, chaussures Kappa et blouson Lacoste. Un style assez improbable, un regard déterminé.

Fleur bleue arriva avec un peu de retard.

Il la vit de loin et fit semblant de ne pas l'avoir remarquée.

Fleur bleue s'approcha, le salua de la main et sembla se pencher pour lui faire la bise, visiblement enjouée et heureuse de rencontrer enfin cet écrivain charmant.

   

Le maitre arabe esquiva la tentative de bise de fleur bleue et parla, parla, parla.

Je n'arrivais pas à savoir ce qu'ils se disaient, j'étais trop loin, mais je pouvais cependant lire l'incrédulité dans le regard de fleur bleue.

Une laisse avec un collier se retrouvèrent comme par magie dans les mains du Maitre Arabe, visiblement agacé par l'incompréhension de fleur bleue.

Fleur bleue lâcha son livre par terre d'effroi et s'enfuit.

Le maitre Arabe jeta alors quelques regards aux alentours pour voir si quelqu'un avait été témoin de la scène et partit presque aussitôt.

J'entends encore l'écho de la chute du livre entrouvert sur les gros pavés de la place. Il s'agissait de "Et si c'était vrai ?" de Marc Lévy.

Dans Créas perso. Là t'as le permalien. Et là tu peux voir les tags.

47 coms pour Un jour comme un autre

Laisser un commentaire

C'est bon, les autres verront pas ton mail. Et les * c'est que c'est obligenculé.

Va vite sur monpremiersiteinternet.com pour plus de lol.

(J'déconne ça sert à rien)