Bir Hakeim

Hello, aujourd'hui on va parler d'un événement de l'histoire qui n'est pas vraiment abordé dans les manuels scolaires, quelque chose que vous connaissez peut-être si vous avez eu le bon goût de vous intéresser à l'histoire militaire française. C'est un épisode vraiment ouf qui mérite que l'on se penche dessus. Si vous connaissez déjà l'histoire de Bir Hakeim, restez quand même jusqu'à la fin, il y a une photo d'une meuf à poil, pfrpfpr.

Bir Hakeim se trouve en Lybie, qui a donné son nom à une bataille de la seconde guerre mondiale, de Mai à Juin 1942. Pour resituer le contexte, l'armée allemande avait envie de niquer le canal de Suez. Telles étaient les ambitions de Rommel. Erwinn Rommel, c'est lui :

Toujours autant de classe ces nazis...

Rommel il était vraiment en confiance. Ses moyens étaient limités par rapport à ceux de l'ennemi (90 000 hommes et 575 chars panzer contre 100 000 hommes et 994 chars britanniques) mais es services de renseignement allemand (Abwehr = défense en allemand) avaient réussi à décrypter tous les messages que les alliés anglais transmettaient aux militaires américains, donc il savait combien d'hommes allaient être présents à combien d'endroits, ainsi que le nombre de chars, et l'organisation générale de l'ennemi. Il avait l'initiative et pouvait à tout moment surprendre, ce qui fait tout l'art de la guerre. L'information > moyens militaires. Les nazis avaient vraiment comme ambition de conquérir le monde, on oublie souvent de le rappeler et on ne sait même plus très bien ce que ça veut dire en réalité. C'est difficile pour nous qui avons connu les mêmes frontières définies entre les pays toute notre vie de s'imaginer et de conceptualiser ce dont il était question. On parle véritablement de conquête de territoire, d'un pays qui devient plus grand, de gars qui débarquent quelque part en disant "mais attendez, on s'en branle des lois et de qui vous êtes, ici, maintenant, c'est chez nous" et de ce que ça produit. Dans la tête des nazis, avoir la main sur le canal de Suez avait un intérêt stratégique majeur, car il permet aux navires européens d'aller en Asie sans contourner l'Afrique, donc énorme enjeu économique. Ca fait partie de l'épisode qu'on appelle la guerre du désert.

Donc d'un côté on a Rommel sous les ordres d'Hitler qui veut boire notre sang français avec les italiens, et de l'autre il y a nous et les alliés anglais. Et putain heureusement que les rosbeefs et les américains étaient là en fait, parce que livrés à nous-mêmes en Europe, les nazis auraient bien niqués nos mères... Mais revenons à Bir Hakeim.

Rommel déclenche une grosse offensive sur Gazala avec des panzerdivision, un truc bien frontal avec les italiens pour que les troupes se rassemblent et fasse front à l'avancée des nazis... Un peu plus tard, au moment où beaucoup de soldats et de division ont pour ordre de se mobiliser, cette petite pute de Rommel veut prendre également d'assaut Bir Hakeim, comme ça plus personne ne pourra les aider puisque le gros des effectifs sera rassemblé à Gazala, et le temps que tout le monde rapplique, Bir Hakeim sera réduit en cendres, et la route vers l'Egypte ouverte.

Mais bon, on est pas cons : tout le monde ne se déplace pas, certains corps armés restent évidemment en place pour contrer une éventuelle attaque, même si le gros des effectifs sont regroupés sur la ligne Nord parce que ça pète.

Et qu'est-ce qui reste alors dans cette bourgade de Bir Hakeim ?

C'est le moment de vous présenter la 1ère brigade française libre.

Il s'agit de 3700 hommes, pas forcément les meilleurs soldats du monde, dirigés par le général Koenig, Né à Caen. Ca c'est lui :

Vous voyez son regard pas assuré là ? Son petit air de loser à peine masqué qui a peur de se faire dévisser le cul par les assauts successifs des italiens et des nazis ? Y'avait de quoi avoir peur en fait... C'était vraiment mal barré pour eux. Imaginez, vous vous retrouvez là :

Vous n'êtes pas très nombreux, les ravitaillements se font rares, et vous voyez au loin plein de chars panzer et des troupes deux fois plus grandes que vos effectifs qui veulent vous massacrer.

Un des généraux décrit la situation géographique de l'endroit uqe Koenig et ses hommes doivent arriver à tenir : "Simple croisement de pistes dans un désert aride, caillouteux et nu que balaient les vents de sable, Bir Hakeim est vu de partout. Le champ de bataille se caractérise en effet par une absence totale de couverts et d'obstacles naturels." C'est pas une position facile à garder, c'est même genre la pire situation à défendre, attaqué à 360 degrés.

Koenig donne alors l'ordre de creuser des barricades afin d'avoir une position de défense et de tenir l'endroit... Mais il n'y avait pas de marteau piqueur à l'époque ni de dynamite sous la main. Il fallait creuser à la main à l'aide de pioches et de barre à mine dans de la roche bien dure, de telle sorte qu'on puisse créer une vie sous-terraine et survivre plus de 2 jours aux bombardements.

Après un premier assaut italien repoussé à Bir Hakeim tandis que les troupes de Rommel avancent au nord. Ce premier assaut raté était mal vu de la part de Rommel qui a clairement sous-estimé la réponse de la petite armée restée en place. Rommel décide donc de se déplacer en personne à Bir Hakeim et de lancer un ultimatum. Si les français ne coopèrent pas, c'est une pluie d'obus qui s'abattra sur le siège. Aucune reddition n'est envisagée. C'est donc une véritable pluie d'obus du 2 au 10 Juin : 40 000 obus de gros calibre sont tirés. La position française avait quand même des munitions sous la pédale et tire également près de 40 000 obus mais d'un diamètre inférieur. La position est pilonnée alors même que l'armée britannique ne peut pas aider les frenchies car vraiment beaucoup trop occupée au nord. Imaginez le bruit que ça fait un obus quand on est sous terre. Imaginer qu'il y en a 40 000 en 24h.

Le 3 juin, Rommel envoie un message écrit à Koenig : "Aux troupes de Bir Hakeim. Toute résistance prolongée signifie une effusion de sang inutile. Vous subirez le même sort que les deux brigades anglaises de Got-el-Oualeb qui ont été détruites avant-hier. Nous cessons le combat si vous hissez des drapeaux blancs et si vous vous dirigez vers nous, sans armes."

Les français ont répondu avec une attaque coup par coup du premier régiment d'artillerie qui défonça quelques chars allemands.

Rommel raconte alors : "Une invitation à se rendre, portée aux assiégés par nos parlementaires, ayant été repoussée, l'attaque fut lancée vers midi, menée du nord-ouest par la division motorisée Trieste, et du sud-est par la 90eme division motorisée allemande, contre les fortifications, les positions et les champs de mines établis par les troupes françaises. La bataille de juin commença par une préparation d'artillerie ; elle devait se poursuivre pendant dix jours durant et avec une violence peu commune. Pendant cette période, j'assumai moi-même, à plusieurs reprises, le commandement des troupes assaillantes. Sur le théâtre des opérations africaines, j'ai rarement vu combat plus acharné. " un des autres généraux allemands de l'Afrikakorps, déclarera plus tard " n'avoir jamais affronté, au cours de toute la guerre du désert, une défense aussi acharnée et héroïque." Les gars ils arrivaient même a faire tomber les avions qui bombardaient.

Les 6 et 7 juin, plusieurs milliers d'allemands en renfort tentèrent de pénétrer la zone de Bir Hakeim, en vain. Rommel précisa à ce sujet : "Et pourtant, le lendemain, lorsque mes troupes repartirent, elles furent accueillies par un feu violent, dont l'intensité n'avait pas diminué depuis la veille. L'adversaire se terrait dans ses trous individuels, et restait invisible. Il me fallait Bir Hakeim, le sort de mon armée en dépendait".

Le 8 juin, Rommel mène personnellement l'attaque. Un officier français raconte : "L'équipe de pièce d'un canon de 75 est volatilisée par un coup de 88 frappant l'alvéole ; le légionnaire survivant, la main arrachée, charge son 75 en s'aidant de son moignon, pointe son canon et touche le 88… "

Non mais les soldats de la première division là, ce sont tous des oufs, le type qui charge son pistolet avec son moignon et qui tire dans le char, mais loool. Même dans les films c'est pas aussi dingue.

Suite à un énième assaut finalement raté, Rommel écrit à ses troupes : "Nous remplissons notre mission depuis quatorze nuits et quatorze jours. Je demande que ni les cadres ni la troupe ne se laissent aller à la fatigue. Plus les jours passeront, plus ce sera dur : cela n'est pas pour faire peur à la 1re brigade française libre. Que chacun bande ses énergies ! L'essentiel est de détruire l'ennemi chaque fois qu'il se présente à portée de tir"

Rommel compte évidemment sur les réserves de munitions et d'eau qui commenceraient à se faire sentir. Et il avait bien raison, car n'étant plus ravitaillé, le camp ne disposait plus de grand chose. Beaucoup de soldats sont déjà morts, il reste quelque 2000 acharnés qui doivent boire, manger et tirer sans arrêt.

En attendant, les rosbeef ont aussi fait un taff de malade au nord et peuvent à présent se rediriger vers l'est pour contrer l'attaque, même si Bir Hakeim ne tient plus. Il est alors décidé d'abandonner Bir Hakeim, puisque les positions arrières seront assurées, les nazis et ces connards d'italiens ne pourront pas avancer beaucoup plus loin.

Mais ce n'est pas le tout d'abandonner une position, encore faut-il arriver à la quitter vivant ! Tout l'intérêt était alors de faire croire aux nazis que Bir Hakeim était encore en train de lutter avec acharnement pendant qu'au même moment elle serait en train de s'enfuir. Les britanniques avec lesquels la liaison venait d'être rétablie ont permis à ce que les derniers soldats vivants puissent être récupérés.

Rommel raconte : "Le 11 juin 1942, la garnison française devait recevoir le coup de grâce. Malheureusement pour nous, les Français n'attendirent pas. En dépit des mesures de sécurité que nous avions prises, ils réussirent à quitter la forteresse, commandés par leur chef, le général Kœnig, et à sauver une partie importante de leurs effectifs. À la faveur de l'obscurité, ils s'échappèrent vers l'ouest et rejoignirent la 7e brigade anglaise. Plus tard, on constata qu'à l'endroit où s'était opérée cette sortie, l'encerclement n'avait pas été réalisé conformément aux ordres reçus. Une fois de plus, la preuve était faite qu'un chef français, décidé à ne pas jeter le fusil après la mire à la première occasion, peut réaliser des miracles, même si la situation est apparemment désespérée. Dans la matinée, je visitais la forteresse, théâtre de furieux combats ; nous avions attendu sa chute avec impatience. Les travaux de fortification autour de Bir Hakeim comprenaient, entre autres, 1 200 emplacements de combat, tant pour l'infanterie que pour les armes lourdes"

C'est pas incroyable ça ?

Pour les pertes, du côté allemand / italien : 3300 morts, 300 prisonniers, 52 chars, 11 auto mitrailleuses, des dizaines de camions et 7 avions.

Du côté français : 100 morts, 100 blessés et évidemment les armes saisies par les allemands. Beaucoup de prisonniers, pas loin de 600.

Parlons d'ailleurs de ces prisonniers. Rommel était tellement admiratif de ces hommes qu'il exigea qu'ils aient accès à la même ration d'eau que les soldats de son régiment, ce qui est un mesure assez dingue sachant que les prisonniers ont normalement à peine le droit de respirer... Radio Berlin a cependant diffusé un communiqué au général de Gaulle :

"Les Français blancs et de couleur, faits prisonniers à Bir Hakeim, n’appartenant pas à une armée régulière, subiront les lois de la guerre et seront exécutés"

Il fallait pas trop le faire chier De Gaulle, donc il a foncé à la BBC pour se faire entendre :

"Si l’armée allemande se déshonorait au point de tuer des soldats français faits prisonniers en combattant pour leur patrie, le général de Gaulle fait connaître qu’à son profond regret il se verrait obligé d’infliger le même sort aux prisonniers allemands tombés aux mains de ses troupes."

Radio Berlin dans la même journée diffusa un nouveaux communiqué : "À propos des militaires français qui viennent d’être pris au cours des combats de Bir Hakeim, aucun malentendu n’est possible. Les soldats du général de Gaulle seront traités comme des soldats"

Voilààààà, reste bien tranquille Berlin...

De Gaulle envoya enfin un message à l'attention de Koenig : " Sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil" C'est beau omg.

Quelques mots concernant cette bataille : 

un général britannique : "La défense prolongée de la garnison française a joué un rôle important dans le rétablissement des troupes britanniques en Égypte. Les Français libres ont, dès l'origine, gravement perturbé l'offensive de Rommel. L'acheminement de ravitaillement de l'Afrikakorps en a été fortement troublé. La concentration de plus en plus importante de l'Axe, pour percer cet abcès, a sauvé la 8ème armée armée britannique d'un désastre. Les retards qu'a apportés la résistance résolue des Français ont augmenté les chances des Britanniques de se ressaisir et ont facilité la préparation d'une contre-attaque. À plus long terme, le ralentissement de la manœuvre de Rommel a permis aux forces britanniques d'échapper à l'anéantissement prévu par l'Axe. C'est par là que l'on peut dire, sans exagération, que Bir Hakeim a facilité le succès défensif d'El-Alamein"

Mais surtout, les bon mots de l'ami Adolf :

"Vous entendez, messieurs, ce que raconte Koch. C'est bien une nouvelle preuve de la thèse que j'ai toujours soutenue, à savoir que les Français sont, après nous, les meilleurs soldats de toute l'Europe. La France sera toujours en situation, même avec son taux de natalité actuel, de mettre sur pied une centaine de divisions. Il nous faudra absolument, après cette guerre, nouer une coalition capable de contenir militairement un pays capable d'accomplir des prouesses sur le plan militaire qui étonnent le monde comme à Bir Hakeim"

Tu m'étonnes mon petit poulet que t'aimerais bien coucher avec nous...

Mais alors, le plus cool dans tout ça, ce qui moi me marque profondément et me touche pour de vrai, c'est quand on se penche sur les soldats de la première division de Bir Hakeim. Vous savez quoi ? C'était à 80% des gens d'origine étrangère... "Français venus de tous les horizons, volontaires, étrangers, tirailleurs coloniaux, Noirs d'AEF, Pacifiens, Indochinois, Malgaches, NordAfricains, Libanais, Pondichériens, la première brigade apparaît comme une étonnante synthèse de la France et de son empire" comme le précisait un ancien de la division.

On a envie de penser que la France ça a toujours été un fin stratège militaire, qu'on est naturellement doués dans l'art de prendre de positions et de les défendre, ah, la Gaulle hein... Mais bordel, Bir Hakeim, il fallait des putain de couilles solidement accrochées, en plus d'être un enragé. C'est là que le mot "solide" prend tout son sens. Ces soldats sont des putain de héros et ils se sont battus pour ce que représente la France dans leur coeur.

Voilà, j'espère que vous aurez appris un truc et que cet article aura aiguisé votre sentiment nationaliste.

J'oubliais la meuf à poil :

PFRPFRPFR TROLAAIIII

 

(...)

 

(...)

(...)

On oublie pas la Russie qui a été un allié de taile pendant cette guerre

 

Dans THE INTERNET. Là t'as le permalien.

12 coms pour Bir Hakeim

  1. ougoul dit :

    9/10 mais les vêtements c’est dommage

  2. Staline dit :

    Ça omet le rôle déterminent des russes dans la libération de l’Europe mais oké.

  3. Sac dit :

    Mdrrrr les français vous savé que vous rendre bande de ptite salope va

  4. bassim dit :

    T’es mon frer mais t’es pas mon bo frer

  5. Le Dem dit :

    Scie par cet article. Adolf saluant les merites militaires francais ? Merci Deeplake !!

  6. Ohaï dit :

    Ohaï !

    🙂

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